Demande de documentation
BTS design graphique à Com'Art.
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Étudiant en 1ère année de BTS design graphique

Simon Rousset (NIWOZ)

Nom d’artiste : Niwoz

Rencontre avec Niwoz, un jeune Clermontois de 24 ans qui a décidé de jeter l’ancre... dans l’art.

Simon, parle-nous un peu de toi. D’où viens-tu et comment es-tu arrivé à Com’Art ?

J’ai un parcours un peu… artistique. Je suis passé par un BEP électrotechnique et bac pro chaudronnerie, avant d’intégrer les Beaux-Arts Clermont. Mais à chaque fois, je ne parvenais pas à trouver ma place. C’était frustrant car on ne pouvait pas assez toucher les matériaux. Et moi j’ai vraiment besoin de toucher aux outils, aux matériaux pour pouvoir créer.

Parce que la plupart du temps, je ne sais pas pourquoi je crée : c'est pas de l'art politique, c'est quelque chose que je fais pour moi, pour me trouver, pour me comprendre. Mon bateau d’acier (voir plus loin), je l’ai fait d’une façon complètement intuitive. Ce n’est qu’en le vivant que j’ai compris la puissance de son message et pourquoi j’avais été autant motivé à le faire.

Au final, c’est une architecte qui m’a repéré, notamment par mes sculptures. J’ai commencé par un CDD dans son cabinet d’archi, et là ça s’est super bien passé. C’est ma patronne qui m’a suggéré de faire un apprentissage pour pouvoir continuer et me professionnaliser. J’ai donc cherché une école et c’est Com’Art que j’ai choisi ! Aujourd’hui je suis en 1ère année de BTS Design graphique et en même temps je suis en contrat de professionnalisation dans ce même cabinet d’archi.


Ça veut dire quoi, Niwoz ? Pourquoi avoir choisi ce nom ?

J’ai cherché un nom à l’époque où je faisais du graph dans mon cahier. C’est à force de gratter sur du papier toutes les façons d’écrire Simon que je suis arrivé à “Niwoz”, en retournant les lettres et en jouant avec un effet miroir.

Qu’as-tu voulu dire avec ton logo ? Qu’est ce que ça représente pour toi ?

Mon logo est une ancre faisant jouer les lettres de mon nom avec différents symboles. Tout en haut, j’ai représenté un gouvernail avec deux cordes qui font des liens sur des pinceaux. Le gouvernail c’est un moyen de se “diriger soi-même”, un moyen de “gouverner mon art” en quelque sorte. Il forme le “O” de mon nom d’artiste. Les cordes de part et d’autre du gouvernail sont un symbole de lien. Et les pinceaux, ce sont mes outils. Je dis aussi que “mon encre est ma croix”. Ce logo représente qui je suis.

Les petits personnages qui peuplent mon logo et tous mes dessins de manière générale sont des “RV” : des “ressources de vie”. Les RV représentent toutes les personnes qui m’entourent et qui me soutiennent. Je les mets en situation de façon assez candide. Ce logo, je l’ai imaginé en 2009. Il est sorti comme ça, d’un coup. Et je me suis dit que je n’y toucherai plus jamais. Oui, il est imparfait, pas symétrique, mais du coup, c’est ça qui le rend vivant.


Ancre, bateau, phare : d’où te vient cette inspiration marine ?

En fait, c’est lié à mon enfance. J’ai passé toutes mes vacances sur la côte Atlantique entre Capbreton, Biarritz et Hossegor. Et dans mon art, je mets des souvenirs essentiels pour moi, des trucs qui me parlent, qui me touchent. Dans toutes mes créations, je tâche de mettre de la symbolique personnelle, mais je cherche pas forcément à le mettre en avant.

Sur ta première installation en acier : Chill dren’s dreams. Raconte-nous un peu l’aventure.

À l’époque, j’étais en Bac Pro chaudronnerie pour devenir technicien en chaudronnerie industrielle. J’en fait un premier stage dans une usine, mais c’était horrible ; j’étais complètement débecté. J’en ai donc cherché un deuxième et c’est un ami (Sylvain) qui avait également une SARL qui m’a proposé de faire mon stage chez lui. Il avait un poste à souder dans son garage et c’est de là que tout est parti. Un peu au même moment, un festival m’a contacté pour réaliser une structure en extérieur.

À l’origine, je voulais faire un bateau en bois avec des éléments de récupération ; un truc assez petit, comme mon coucou (une autre de mes sculptures). Et dedans, faire comme un cabinet de curiosités avec mes dessins et mes petites sculptures de l’époque. Le bateau en style origami, c’est un élément que je reprends tout le temps dans mes dessins. Pour moi, ça symbolise le voyage de la vie. Un truc qui avance et qui va tout droit.

Notre idée de départ, c’était donc de faire un bateau Origami avec des lignes de feuilles de cours, une marge rouge et des trous. On voulait écrire dessus the Chill dren’s dreams. La faute d'orthographe, c’était pour illustrer les deux gamins qui rêvent et qui ont trop “chillé” (paressé). Il devait y avoir un énorme 0/20 avec une dictée pleine de fautes qui raconte un peu notre histoire. Mais finalement, le bateau a fini tout blanc.

Ce bateau c’était pour nous le symbole de “on arrête nos bêtises et on se met dans le droit chemin”. D’où la feuille blanche : on repart à zéro. Notre point de vue c’était de dire “ce n’est pas parce qu’on a des mauvaises notes qu’on n’est pas capable de faire quelque-chose”. Une sorte de pied de nez marin, quoi, à mi-chemin entre acte de foi et acte de provocation. Mais quelle galère ça a été de le faire ! Il fait 12 mètres de long et 5 mètres de haut, avec une salle d’exposition à l’intérieur. Aujourd’hui il est démonté, avec une moitié dans le jardin de ma mère et l’autre dans son atelier. Ça fait un an et demi que je ne l’ai pas vu. Il pionce.


Tu as aussi réalisé un phare d’acier à l’occasion d’un événement. Tu nous racontes ?

L’histoire commence il y a cinq ans. J’étais en vacances avec mon pote Victor à Anglet. On avait décidé de faire un collage. On s’est mis à dessiner sur un énorme bout de papier, qu’on est ensuite allé coller sur une maison. À ce moment-là, un homme est arrivé en voiture et nous a dit qu’on ne pouvait pas faire ça. Du coup, on a discuté avec lui et on a gentiment expliqué ce qu’on faisait. Qu’on voulait faire une vidéo, que ça n’abîmait pas. On avait même repeint le mur derrière parce qu’il y avait un tag et que ça allait ressortir sur notre collage. Et au final, il était super emballé par le projet. Je lui ai donné ma carte de visite qu’il a gardé pendant… cinq ans sur son bureau ! Et il m’a rappelé.

En fait, le type était promoteur immobilier. Il m’a expliqué qu’il avait un chantier avec une maison à détruire, mais qu’avant, il voulait faire comme la tour 13 à Paris mais en mieux. Il a invité des street artistes, des grapheurs, des artistes peintres. En arrivant sur les lieux, j’ai eu plusieurs idées, mais c’est en observant la maison et son balcon que l’idée du phare m’est venue. Un phare qui n’éclaire pas et qui est dans les terres, ça me faisait rire. Et ça permettait de voir la maison de loin et de ramener les gens.

On a mis cinq jours à deux pour le monter. C’était super chaud. J’ai sillonné la France pour réussir à concrétiser le projet. J’ai fait des plans à Paris, j’ai du me concentrer pour savoir si ça allait fonctionner avec les contraintes physiques, les matériaux et les outils qu’on avait. Il fallait s’assurer que le poids du phare n’allait pas faire effondrer la maison. Il faut savoir que le truc est énorme (11m de haut). Il fallait aussi faire attention à la foudre et au vent.

Je suis ensuite descendu à Clermont. J’ai fait des aller-retour pour récupérer le matériel et j’ai demandé un coup de main à mon ami Sylvain. Puis c’est ma mère qui nous a descendus en camion, avec tout le matériel à l’arrière. A Anglet, un autre camion avec des barres d’acier de 6 mètres de long nous attendait. On a passé 5 jours à monter le phare, puis j’ai du repartir bosser au cabinet d’archi. Le phare n’aurait jamais été possible sans l’appui de ma patronne. Et ça, c’est vraiment cool. L’expo a ensuite duré deux semaines. J’ai laissé mon phare sur place puisqu’il avait été posé sur la maison qui lui servait de socle.

Et tes dessins ? Parle-nous de tes inspirations...

Au début, je faisais exclusivement du dessin. C’étaient des dessins au rotring, très fins, très détaillés et propres, avec beaucoup de symbolique qui parlait d’événement passés de ma vie. C’était surtout quelque-chose d’esthétique. Le noir et blanc, les traits fins, c’est ça qui donne cet esprit un peu japonisant. Mais j’ai jamais été fan de manga, donc… Mes dessins, ce sont des monstres imaginaires. Mon inspiration, je la puise surtout dans les films. J’en regarde des tonnes et de tous les genres. Je suis passionné de cinéma. Aujourd'hui, j’ai un peu mis le dessin de côté.


Et demain : quels sont tes projets, tes réalisations en cours ?

En ce moment, je suis en train de faire une sculpture de personnage. Il y a quelques mois, j’étais sur les quais avec mon pote Victor à Paris. On buvait des bières, on profitait de la vie. Tout à coup, j’ai eu une apparition devant mes yeux. J’ai vu le pont du canal Saint Martin avec un personnage en train de pêcher en dessous, accroché sur une balançoire. En janvier, comme ils ont vidé le canal, le projet est devenu évident. Il fallait que je le fasse. Un pêcheur qui pêche dans le vide, c’est trop cool non ? Genre “un avide pêcheur” ou un “pêcheur avide de pêcher” : ça a plusieurs sens. Et ça rentre dans toute ma gamme de sculptures : le bateau qui ne flotte pas, le coucou qui demande l’heure, le phare qui est en pleine terre et qui n’éclaire pas…. un pêcheur qui pêche dans le vide.

Et pour la suite, mes deux meilleurs potes qui sont aux Beaux arts Paris (Victor et Alexis) et moi-même, on aimerait bien se trouver un atelier. Pour créer ensemble. Hier c’était les Lego, aujourd’hui ce sont les perceuses, les visseuses, les tronçonneuses, les tours à bois, les machines professionnelles. J’ai aussi envie de continuer à concevoir des affiches pour mes clients. J’adore ce challenge.

Son blog : woz-niwoz.blogspot.fr/
Facebook : Niwoz

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